
La première chose qui a frappé, c'est l'ampleur du tournoi. Plus d'équipes, plus de groupes, plus de matchs, plus de classements à consulter. La phase de groupes de la Coupe du Monde paraissait moins resserrée qu'avant. Elle semblait plus large, plus animée, et parfois un peu plus difficile à suivre. C'était inévitable avec le nouveau format à 48 équipes. L'ancienne phase de groupes était impitoyable. Quatre équipes, trois matchs, les deux premières qualifiées. Un seul mauvais résultat pouvait tout faire basculer. Cette fois-ci, avec la qualification des meilleures troisièmes, la pression était différente. Certaines équipes pouvaient perdre et s'en sortir. D'autres pouvaient terminer troisièmes et passer la nuit à vérifier les autres résultats. Le tournoi était ainsi moins linéaire, mais pas ennuyeux.
En réalité, davantage de pays avaient une histoire
Le principal avantage du nouveau format était évident : davantage de pays ont pu vivre pleinement l'expérience d'une Coupe du Monde. Et c'est important. Une Coupe du Monde ne devrait pas être réservée aux mêmes grandes nations. La présence d'équipes plus modestes donne une dimension plus importante au tournoi, que ce soit dans les tribunes, à la télévision ou lors des premiers matchs. L'ambiance est plus électrique, les couleurs plus vives, le football plus tendu et un match nul plus spectaculaire. Certes, certaines équipes étaient clairement limitées. C'est indéniable. Dans certains matchs, l'écart de niveau s'est rapidement fait sentir. Mais d'autres ont su saisir leur chance, rester organisées et donner du fil à retordre aux grosses écueils. C'est le compromis à faire. On assiste à quelques matchs inégaux, mais le tournoi paraît aussi plus ouvert.
La question des paris s'est complexifiée.
Pour les parieurs, la phase de groupes ne se résumait plus à miser sur les favoris. Le nouveau format a bouleversé les probabilités des paris sur la Coupe du Monde . La troisième place comptait. La différence de buts aussi. Une équipe avec quatre points pouvait se sentir presque à l'abri. Une équipe déjà qualifiée n'avait peut-être plus besoin de chercher à gagner. Un favori pouvait changer de joueur. Un outsider pouvait jouer pour un résultat qui paraissait anodin sur le papier, mais crucial au classement. Cela a rendu certains paris plus intéressants que le traditionnel pari sur le vainqueur du match. La qualification, le classement dans le groupe, le nombre total de buts, les cartons et les scénarios de fin de match ont pris tout leur sens. Miser à l'aveugle sur les favoris est devenu plus risqué. Une grande équipe qui vise déjà la phase à élimination directe n'est pas toujours pressée. Parfois, l'équipe en difficulté est un pari plus intéressant, même si elle compte moins de joueurs célèbres.
Les grandes victoires restent marquantes
Même dans un format aussi relevé, les larges victoires se sont démarquées. Le succès 7-1 de l'Allemagne face à Curaçao est de ces scores qui parlent d'eux-mêmes, sans nécessiter de longues analyses. Il a mis en lumière les risques liés à l'expansion du format. Lorsqu'une équipe aguerrie par les grands tournois affronte une formation encore en phase de recherche, l'écart peut se creuser. La victoire 4-0 du Japon contre la Tunisie a été tout autre. Il ne s'agissait pas simplement d'une grosse équipe dominant une plus faible. On a assisté à la démonstration de professionnalisme d'une équipe sérieuse. Le Japon a joué avec vitesse, maîtrise et un sang-froid devant le but suffisant pour attirer l'attention. Ces résultats ont eu une importance qui dépassait le simple cadre médiatique. Dans ce format, la différence de buts n'était pas un simple artifice. Elle a déterminé qui se qualifiait, qui restait en lice et qui était éliminé.
Alors, c'était bien ?
Globalement, oui. Pas parfait. La phase de groupes a perdu de son intensité car trop d'équipes pouvaient encore se qualifier après des performances moyennes. Il y avait plus d'attente, plus de calculs, plus de discussions du genre « et si ce groupe termine comme ça ? ». Mais cela a aussi donné plus de vie au tournoi. Plus d'équipes avaient un enjeu. Plus de supporters avaient une raison de s'intéresser à la compétition. Plus de matchs comptaient en fin de phase de groupes, même si les raisons n'étaient pas toujours évidentes. Le nouveau format n'est pas plus propre. Il n'est pas plus serré. Le football n'y est pas toujours meilleur.







